2 septembre 2009

...Perseverare Diabolicum

… Non, ce n’était pas encore fini, car au fond de ce puit de mort, il restait des survivants. Les mineurs tentèrent de venir en aide à leurs camarades, alors que la Compagnie des Mines demanda à ce que l’exploitation se poursuive. Pour cela, elle fit condamner certaines galerie avec les éventuels survivants qu’elles renfermaient.
Les ingénieurs d’État appuyèrent la Compagnie et mirent un terme aux recherches le 11 Mars à 22h, soit 40h après l’incident. Les mineurs s’en plaignirent, toutefois les ingénieurs d’État leurs indiquèrent qu’il était impossible dorénavant de retrouver des survivants. La compagnie inversa l’aérage afin d’étouffer les flammes qui restaient en profondeur, et ce même durant les recherches, ce qui suscita de nombreuses contestations de la part des sauveteurs.

Le 12 Mars au matin, une équipe de volontaires allemands arrive sur les lieux équipés de masques à gaz. Cet équipement était alors inutilisé par les autorités françaises, qui accueillirent d’ailleurs avec froideur les germains en raison des tensions interétatiques de l’époque. Elles leur refusèrent l’accès aux mines, les recherches étant officiellement terminées.

La colère monte dans tout le bassin minier, alors que Jaurès écris dans l’Humanité :
«Et serait-il vrai que, par une funeste erreur, ceux qui dirigeaient les sauvetages, croyant qu'il n'y avait plus en effet d'existence humaine à sauver, se sont préoccupés plus de la mine que des hommes ?».

En réaction aux grèves qui se multiplient et rassemblent 40.000 mineurs, Clemenceau envoie 20.000 soldats et 30.000 gendarmes. Ceci aggrave les troubles qui deviennent violents. Le directeur de la compagnie est injurié et menacé. Le cri d’«Assassin» résonne à travers toute cette région d’Europe. La rage monte encore quand sont découvert 14 survivants plus de 20 jours après le drame. Les dirigeants ont donc cessé les recherches bien trop tôt. La grève se durcit. Un soldat est tué. Les familles des mineurs morts sont renvoyés des cités ouvrières par la Compagnie… Il fallut 2 mois, une augmentation générale des salaires et des mesures de sécurités et de repos (dimanche : repos obligatoire) pour que la situation redevienne à peu près normal.

Le bilan final fut de 1099 morts dans les fosses n°2,3 et 4 des mines de Courrières. Ce fut la plus grande catastrophe minière d’Europe.

2 Réactions:

  1. J'en reste coi.
    Des articles comme ça j'en veux tout les matins en me levant.

    RépondreSupprimer
  2. Mon petit Héri, je me met à decouvrir ce blog aujourd'hui, et tu es toujours aussi fascinant... tu va peut meme m'aider pour un sujet d'examen ! merci à toi et continue ce blog, meme s'il y a peu de reactions (je viens de lire tout les articles d'aout que je trouvait tres bon mais je n'ai pas mis de commentaires car souvent cela s'en passe ^^) continue, je viendrais regulierement, pour me coucher moins bete le soir...

    RépondreSupprimer