27 janvier 2010

Citation III

"Dès que les considérations identitaires sont injectées dans la politique, dans le pouvoir d'Etat, on est dans une logique qu'il faut bien appeler néo-fasciste. Car une définition identitaire de la population se heurte à ceci que toute population, dans le monde contemporain étant composite, hétérogène et multiforme, la seule réalité de cette identification va être négative. On ne parviendra nullement à identifier ce qu'est la "civilisation française", entité dont j'ignore ce qu'elle signifie, on va juste clairement désigner ceux qui n'en sont pas"

Alain Badiou, Philosophe, le Nouvel Observateur, 17/12/2009.

4 Réactions:

  1. Grosse erreur. "toute population, dans le monde contemporain étant composite, hétérogène et multiforme".
    Même en Europe, c'est pas vrai. Les Islandais sont encore relativement très homogène, tout comme les finlandais, les albanais, les roumains, ... C'est encore plus marquant en dehors de l'Europe.
    Le monde et la limitation des échanges ont créé une variété de culture absolument extraordinaire, qu'elles soient régionales ou nationales. Nier qu'un peuple possède une culture qui lui est propre, qui fasse son identité donc, c'est nier son histoire, son passé, c'est nier sa différence, c'est vouloir l'inclure dans le moule abjecte de "l'homme moderne", un moule fait d'un pot pourri de toutes les "cultures" dominantes, qui se transforment en "modes" sous le coup des multinationales, trop heureuses de casser ces identités nationales ou régionales afin d'imposer au monde la culture dominante.
    L'homme moderne dont parle Badiou, c'est celui qui a perdu toute identité propre, et dont l'identité est construite pas les modes et les jouets qu'on lui donne à consommer.

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  2. J'ai pas tout suivi... Tu (je tutois ceux qui ne se présentent pas) commences par souligner une "grosse erreur", avant de nous expliquer ce qu'est l'Homme moderne selon Badiou... Alors que je n'ai fais que le citer, sans mettre de commentaire. Pourquoi souligner une erreur dans une citation, avant de la confirmer par des termes du même auteur ?

    Et au passage, ces "peuples relativement homogènes" dont tu parles, sont trèèèès relativement homogènes : les Islandais ne sont que 300 000 (environ un quartier de Paris), les Roumains sont en conflit avec les moldaves, les russes, les ukrainien, et les Tsiganes qui formes d'importantes minorités ethniques en Roumanie, enfin en Albanie, il en va de même avec les Serbes, Macédoniens et Kosovars... D'ailleurs, cette région est tellement homogène qu'elle a été secoué par des exterminations de masses...

    Pour le reste ("en dehors de l'Europe"), il va de soit que la remarque de Badiou s'insère dans un cadre mondialisé. Les régions du monde qui ont des contacts très réduits avec le reste du monde (ce qui existe de moins en moins), ne sont évidement pas concernées, mais je suppose que tu l'as volontairement omis.

    Héri-L'admin-

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  3. Je pense qu'ici l'auteur dit juste que cette notion d'identité ne doivent pas être prises en compte pour une décision politique...
    Il ne parle pas d'effacer complètement cette identité et de faire comme si elle n'existait pas... Les identités doivent être respectée mais ne doivent pas être un facteur sélectif, notamment en politique...

    y avait pas à chercher plus loin je pense...

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  4. Exactement Dadou... encore une fois, tu as tout compris ! C'est Gaaaaagné !

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